(TOGODAILYNEWS) – À mesure que les défis économiques se complexifient et que les exigences de transparence s’intensifient à l’échelle internationale, la solidité des finances publiques s’impose désormais comme l’un des principaux marqueurs de crédibilité des États.
Au Togo, cette conviction a progressivement guidé une série de réformes engagées pour moderniser l’administration publique, renforcer la mobilisation des ressources internes, améliorer l’efficacité de la dépense publique et, par la même occasion, les conditions de vie des populations.
C’est sur cette voie que s’achève le projet Bonne gouvernance financière (GFG) exécuté par la coopération allemande à travers la GIZ entre juillet 2022 et juin 2026. Doté de plus de 6 milliards de francs CFA, le programme a accompagné l’État togolais dans la modernisation de ses mécanismes de gestion publique et le renforcement de sa crédibilité budgétaire.
Trois priorités majeures ont guidé l’action des équipes techniques : l’amélioration de la gestion des finances publiques, la mobilisation des ressources internes et le renforcement des organes de contrôle. Une architecture alignée sur l’axe 3 de la Feuille de route gouvernementale 2020-2025, centré sur la modernisation de l’État.
Des outils modernisés pour mieux gérer les finances publiques
Au fil des quatre années de mise en œuvre, le projet GFG a contribué à améliorer le pilotage des réformes publiques grâce à des outils numérisés et participatifs intégrant notamment l’approche genre. L’objectif était de renforcer la cohérence entre la planification, la budgétisation, l’exécution et le suivi-évaluation des politiques publiques.
Dans le même temps, les mécanismes de mobilisation des recettes fiscales ont été renforcés à travers une meilleure gestion des risques et l’élargissement progressif de l’assiette fiscale. C’est l’expression d’un Togo qui poursuit ses efforts d’autonomisation financière afin de soutenir ses investissements sans dépendre exclusivement des financements extérieurs.
D’ailleurs, cette évolution se reflète dans les performances de l’Office togolais des recettes (OTR). Alors que les prévisions de recettes fiscales s’élevaient à environ 678 milliards de francs en 2020, les mobilisations ont franchi le seuil historique de 1 098 milliards en 2024, soit une progression de plus de 60 % en quatre ans.
Cette performance est notamment portée par la digitalisation fiscale et les téléprocédures engagées ces dernières années. Les déclarations en ligne, les paiements numériques et la simplification des démarches contribuent progressivement à améliorer les performances de collecte tout en réduisant certaines lourdeurs administratives.
Bonne finance publique
Les avancées enregistrées concernent aussi le contrôle des finances publiques. Le fonctionnement régulier du cadre de concertation des organes de contrôle, l’utilisation du référentiel national de contrôle financier par les contrôleurs publics ou encore la réalisation de la première analyse d’efficience économique par la Cour des comptes illustrent cette montée en puissance des mécanismes de surveillance.
À cela s’ajoutent des formations, le déploiement d’outils numériques ainsi que la mise à disposition de matériels roulants et informatiques au profit des institutions partenaires. Le principal signal envoyé par le projet « Bonne gouvernance financière » demeure celui du renforcement de la confiance dans la gestion des finances publiques.
L’évaluation finale conduite selon les standards internationaux de l’OCDE a attribué au programme la note de 81 sur 100, saluant la qualité de l’exécution ainsi que les innovations introduites, notamment dans les procédures de passation des marchés publics.
Dans un environnement international où les bailleurs de fonds accordent une attention croissante à la transparence et à la soutenabilité budgétaire, cette performance renforce la crédibilité macroéconomique du Togo et rassure les partenaires financiers.
Des finances publiques plus solides pour soutenir les politiques sociales
L’amélioration de la gouvernance financière touche directement à la capacité de l’État à financer ses priorités. Une meilleure mobilisation des ressources internes permet de soutenir davantage les investissements publics dans les secteurs sociaux et économiques.
Ces dernières années, le budget de l’État togolais est passé de 1 466 milliards de francs en 2020 à plus de 2 179 milliards en 2024. Cette progression accompagne le financement de nombreux projets dans les infrastructures routières, l’électrification, la santé, l’agriculture ou encore l’appui aux collectivités territoriales.
Le basculement vers le budget-programme participe également à cette transformation en instaurant progressivement une culture des résultats dans l’administration publique, avec des dépenses davantage liées à des objectifs de performance.
Le lancement annoncé d’un nouveau programme consacré au développement territorial intégré et à la bonne gouvernance, avec un accent particulier sur les régions des Savanes et de la Kara, illustre déjà cette continuité. À l’approche de sa nouvelle feuille de route 2026-2031, le Togo cherche ainsi à transformer ses réformes financières en un véritable levier de développement durable, de stabilité économique et de confiance institutionnelle.
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