(TOGODAILYNEWS) – À Lomé, l’avenir de l’intégration juridique et économique africaine se joue, les ministres des Finances s’apprêtent à trancher la question cruciale du financement, vingt ans après la dernière session spéciale.
Pour une semaine, Lomé devient le carrefour de l’intégration juridique et économique africaine. Du 4 au 8 mai 2026, la capitale togolaise accueille les travaux du Comité des Experts de l’OHADA, prélude à la session spéciale des ministres des Finances des États membres, prévue vendredi. Une rencontre historique, vingt ans après la dernière session de ce type en 2009, qui place au cœur du débat la question vitale du financement de l’Organisation.
Le Secrétaire Permanent de l’OHADA, le Professeur Mayatta N’Diaye MBAYE, a donné le ton dès l’ouverture : « Cela fait quasiment 20 ans que nous n’avions pas abordé frontalement la question des ressources ». Sans financement stable, l’Organisation peine à déployer son potentiel et à remplir son mandat : améliorer le climat des affaires, stimuler l’investissement, soutenir les politiques publiques de lutte contre la pauvreté et créer des emplois décents.
Une urgence reconnue par les États
Malgré un calendrier international chargé, les ministres des Finances ont tenu à être présents à Lomé. Une mobilisation qui traduit l’urgence : « Le temps consacré à chercher des financements pourrait être investi dans des actions concrètes sur le terrain », déplore le Secrétaire Permanent.

L’objectif est clair, il s’agit de bâtir un modèle pérenne qui garantisse réactivité, efficacité et performance.
La session bénéficie du soutien de l’Agence Française de Développement (AFD), dont l’étude servira de base aux recommandations. Les experts, directeurs de la comptabilité publique et consultants travaillent à définir des mécanismes de financement autonomes, capables de donner à l’OHADA les moyens de son ambition. « L’OHADA est un outil économique reconnu mondialement. Si elle est juridique, sa vocation est clairement économique », rappelle Mme Akou Mawussé ADETOU AFIDENYIGBA, représentant le ministre togolais des Finances.
Une décision attendue
Créée en 1993 par le Traité de Port-Louis, l’OHADA a assaini l’environnement juridique des entreprises et renforcé la confiance des investisseurs. Mais son mécanisme de financement autonome, lancé en 2003, est resté largement inefficace. Les recommandations des experts seront soumises vendredi aux ministres des Finances, seuls habilités à trancher. L’enjeu : donner à l’OHADA, vecteur de progrès et de souveraineté économique, les moyens durables de son action.
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