Climat des affaires au Togo : Une lisibilité accrue pour attirer les capitaux

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(TOGODAILYNEWS) – Dans un environnement économique en recomposition, la capacité à offrir une lecture claire du risque devient un levier majeur d’attractivité pour les États en quête de capitaux.

Le Togo s’inscrit dans cet élan avec la publication de son tout premier rapport de risque pays, un outil destiné à mieux structurer l’information économique et à guider les décisions d’investissement.

Élaboré par Bloomfield Investment Corporation, ce document propose une cartographie détaillée des risques économiques, financiers et institutionnels du pays. Il repose sur une méthodologie combinant données quantitatives, analyses qualitatives et échanges avec les acteurs publics et privés, consolidée par près de deux décennies d’expérience de l’agence.

L’objectif est double : offrir aux investisseurs une vision plus lisible du marché togolais et fournir aux autorités des éléments d’aide à la décision pour affiner les politiques publiques.

L’évaluation s’appuie sur cinq grands piliers que sont la performance macroéconomique, le système financier, le climat des affaires, le climat sociopolitique et la gestion des finances publiques. À l’issue de cette analyse, le Togo est classé dans la catégorie des risques modérés, avec une note globale de 5,9 sur 10. Un score qui, dans le contexte d’une économie émergente, traduit une stabilité relative et des fondamentaux globalement solides.

Une économie en expansion qui soutient la dynamique d’ensemble

Sur le plan macroéconomique, le rapport met en avant une trajectoire de croissance soutenue, avec un taux moyen supérieur à 6 % sur la période récente. Cette dynamique est en cohérence avec la note de 6,2 attribuée à la performance macroéconomique, considérée comme l’un des piliers de la résilience du pays.

Cette performance repose en partie sur des politiques publiques de soutien mises en œuvre depuis plusieurs années. Le rapport cite notamment le programme Novissi, lancé en avril 2020, qui a permis de toucher environ 7,1 % de la population à travers des transferts monétaires ciblés, avec des allocations pouvant représenter jusqu’à 35 % du salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig). À cela s’ajoute un fonds de solidarité estimé à 400 milliards de francs CFA, dont une enveloppe de 20 milliards spécifiquement orientée vers les petites et moyennes entreprises (PME) sous forme de crédits bonifiés à taux réduit.

Dans le secteur agricole, les initiatives d’aménagement de 32 000 ha de zones d’aménagement agricole planifiées (Zaap) ont contribué à renforcer la production et l’organisation des filières. Le rapport montre que ces actions combinées participent à un rendement global supérieur à 36 %, soit une amélioration de la productivité nationale.

Système financier en consolidation et de plus en plus inclusif

Le système financier togolais obtient une note de 6,5, portée par une progression continue de ses indicateurs structurels. Les données relatives aux finances publiques indiquent une progression cumulée d’environ 35 % des recettes budgétaires sur la période 2019-2024, témoignant d’une meilleure mobilisation des ressources internes.

L’inclusion financière constitue également un marqueur fort de cette dynamique. Le taux d’accès aux services financiers est passé d’environ 87,7 % à 89,04 %, traduisant une pénétration quasi généralisée des outils financiers dans la population.

L’amélioration de l’accès au financement est aussi soutenue par le développement de la microfinance, qui compte aujourd’hui plus de 4,69 millions de bénéficiaires, pour un total d’actifs dépassant 578 milliards de francs CFA.

Climat des affaires en amélioration, dynamique entrepreneuriale soutenue

Avec une note de 6,3, le climat des affaires apparaît comme l’un des atouts majeurs du pays, qui se distingue par une position de premier plan en Afrique de l’Ouest et un classement favorable en Afrique subsaharienne en matière de réformes économiques. Cette performance est soutenue par la dématérialisation progressive des services publics, qui a permis de simplifier les démarches administratives et de réduire les délais de création d’entreprises.

La dynamique entrepreneuriale reste particulièrement soutenue, avec plus de 14 000 entreprises créées chaque année en moyenne. Cette vitalité du tissu économique est également renforcée par la présence d’investissements directs étrangers, notamment dans les secteurs du BTP, de l’agroalimentaire et de l’agro-industrie.

À fin 2024, 37 projets d’investissement ont été validés pour un montant total de 237 milliards de francs CFA, dont 22 portés par des investisseurs étrangers représentant environ 156 milliards de francs CFA. Ces chiffres traduisent un intérêt réel et croissant pour le marché togolais, porté par un environnement de plus en plus structuré.

Des défis à consolider pour renforcer la trajectoire

Si le rapport met en évidence des fondamentaux globalement solides, il souligne également certaines zones de vigilance. Toutefois, ces éléments sont présentés comme des axes d’amélioration naturels dans tout processus de développement économique.

Dans cette perspective, les autorités entendent poursuivre les efforts de consolidation afin de renforcer davantage la stabilité globale du pays et d’améliorer encore son attractivité. L’ambition affichée reste, dans ce cas, très claire : transformer les acquis actuels en leviers durables de croissance et de confiance pour les investisseurs.


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