62èmes assemblées annuelles de l’OIAC : Vers l’insertion des jeunes et des femmes dans l’industrie africaine du café

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Le ministre du commerce, de l’industrie et de la consommation locale, et président de l’Organisation interafricaine du café (OIAC), Kodzo Adédzé a procédé le lundi 14 novembre 2022 à Lomé, à l’ouverture des travaux des 62èmes assemblées annuelles de l’organisation. Les résultats de ces travaux répondront à la problématique de l’inclusion des jeunes et des femmes dans l’industrie africaine du café.

Les femmes sont l’épine dorsale de la production agricole, représentant près de la moitié de la main-d’œuvre mondiale dans ce domaine. En raison des profondes inégalités entre les sexes, plusieurs de ces femmes ne sont pas en mesure de réaliser leur plein potentiel, et l’industrie du café n’y fait pas exception.

Selon le rapport 2018 de l’Organisation internationale du café, jusqu’à 70% du travail dans les plantations de café que ce soit la plantation, la cueillette, la transformation, le tri, et autres est effectué par des femmes. Malgré tout, des recherches démontrent que les femmes ont systématiquement un accès plus faible aux ressources comme la terre et le crédit que les hommes.

Ainsi, les femmes sont généralement limitées à des rôles moins influents dans la chaîne de valeur du café puisque les es rôles décisionnels dans la production de café restent encore largement entre les mains des hommes, que ce soit par rapport au commerce, à l’exportation ou au travail en laboratoire.

Les assises de Lomé répondront aux enjeux de transformation et de consommation locales du café en Afrique.

Axé autour du thème : « Autonomisation des jeunes et des femmes dans l’industrie africaines du café », les travaux de cette rencontre de Lomé s’articuleront autour de cinq grands axes notamment, la 5ème conférence scientifique sur le café avec pour thème : « Connecter la recherche et la vulgarisation pour l’amélioration de la productivité et de la qualité », le 10ème symposium sur le café dont le thème est « Les femmes et les jeunes dans l’industrie du café », la réunion du comité des finances et celle du comité directeur sans oublié le premier concours africain des jeunes baristas de café.

Pour le ministre du commerce, de l’industrie et de la consommation locale, Kodzo Adédzé, le thème général de ces assises montre à suffisance que les questions relatives à l’inclusion, à l’autonomisation des femmes et des jeunes, constituent d’importants piliers pour la relance de la filière café en Afrique, une priorité de développement pour les pays les moins avancés.

« Le thème central ainsi que les sous-thèmes retenus interpellent le secteur du café en Afrique dans son ensemble car ils posent la problématique de la transformation et de la consommation locale du café avec un accent particulier sur le développement de l’entrepreneuriat des femmes et des jeunes. De telles initiatives répondent aux besoins du projet commun de l’Organisation Internationale du Café (OIC) et de l’Organisation Inter Africaine du Café (OIAC), de transformer le secteur caféier d’Afrique en une industrie moderne, compétitive et durable qui met l’accent sur la qualité, la quantité et la productivité, profitable à tous les acteurs et en particulier aux producteurs » a indiqué Kodzo Adédzé.

Le ministre a par ailleurs précisé que : « Notre objectif commun est de revitaliser la filière du café africain pour créer une valeur ajoutée intégrale sur le produit au plan national et continental par la transformation, la consommation domestique du café et se préparer aux opportunités qu’offrent les divers marchés notamment celui de la zone de libre échange continentale africaine (ZLECAF).

Conscient du potentiel énorme à libérer dans le secteur du café africain, l’Organisation interafricaine du café a élaboré une nouvelle stratégie dénommée « Drink Africa Coffee, Build Africa » ou « Prendre le Café Africain, Construire l’Afrique » (DACBA/BOCA).

Créer les conditions de collaboration et d’échanges entre les acteurs

Selon, Jean-Louis Ekra, Mentor de l’OIAC, ancien président du Conseil d’administration de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), au premier plan des défis majeurs à relever pour le café africain, c’est de promouvoir la transformation à l’intérieur des frontières africaines, en créant, ainsi des emplois et des revenus supplémentaires au sein du secteur café africain.

« C’est pourquoi je me réjouis du choix de ce thème, ‘’Implication es Jeunes et des Femmes dans l’industrie caféière d’Afrique » car l’implication des jeunes engendre le développement de l’entreprenariat des jeunes donc, l’autonomisation des jeunes, décideurs potentiels de demain. De plus le rôle essentiel que jouent les femmes dans le tissu économique africain n’est plus à démonter » a-t-il martelé.

Il a par ailleurs précisé que les décideurs politiques actuels devraient donc encourager la transformation et la consommation du Café en autorisant des mesures de subvention des intrants, en créant un environnement politico-légal propice aux affaires, en accroissant les investissements socio-économiques et en garantissant de meilleurs revenus aux acteurs des chaines de valeurs, notamment les plus faibles (les agriculteurs). Ces derniers sont les plus affectés par les changements climatiques ainsi que la flambée du prix des engrais.

« Nous exhortons donc les décideurs politiques à créer les conditions de collaboration et d’échanges entre les acteurs, en particulier les jeunes et les femmes, à développer des politiques nationales qui sont en faveur de la valorisation des cafés produits localement afin que les chaînes de valeur du café aient, enfin, un poids non négligeable dans le PIB de nos pays producteurs de café » a-t-il déclaré.

Pour sa part, le Secrétaire général du comité de coordination pour les filières café et cacao, président du Comité d’organisation et président de l’Agence africaine et malgache du café Robusta (ACRAM), Enselme Gouthon, a indiqué que le thème général de cette rencontre traduit bien l’importance que les pays accordent aux questions relatives à l’inclusion et à l’autonomisation des femmes et des jeunes dans le secteur café qui est un sous-secteur de l’agriculture.

« Le café africain joue actuellement un rôle majeur dans le développement nos pays. Je suis convaincu que les résultats de ces assises répondront aux enjeux de transformation et de consommation locales du café en Afrique. Il s’agira surtout d’œuvrer à l’insertion effective des Jeunes et des Femmes dans l’Industrie africaine du Café » a-t-il déclaré.

Selon les derniers chiffres, le revenu annuel de l’industrie mondial du café est estimé à 466 milliards de dollars. Cependant, l’ironie est que les pays africains producteurs de café reçoivent, par an moins de 5% de la valeur totale soit environ 20 milliards de dollars. Au vu de cette situation, la question de la prospérité équitable pour toutes les parties prenantes du secteur café et en particulier à ces millions de producteurs de café se pose ; d’où la nécessité de mener une réflexion approfondie sur cette dimension vitale.

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Bernard AFAWOUBO

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