(TOGODAILYNEWS) – Réunis à Lomé, producteurs, transformateurs et commerçants ont échangé avec les acteurs de la filière manioc du Burkina Faso autour d’une demande estimée à 80 000 tonnes de pâte de manioc. Une opportunité qui pourrait ouvrir une nouvelle étape dans le développement commercial de la filière et renforcer les échanges agricoles entre les deux pays.
La rencontre a été organisée dans le cadre du Projet de Promotion des Filières Horticoles au Togo (PROFIT), mis en œuvre par Lutheran World Relief (LWR) de Corus International avec le soutien du Département américain de l’Agriculture (USDA).
Autour de la même table se sont retrouvés les représentants des interprofessions, des coopératives, des unités de transformation, des entreprises structurantes ainsi que plusieurs partenaires techniques et institutionnels. L’objectif était de mettre en relation directe l’offre togolaise avec une demande clairement identifiée au Burkina Faso et d’explorer les possibilités de partenariats commerciaux.
Une opportunité détectée lors d’un salon au Burkina Faso
L’histoire débute en avril 2026 lors de la Foire de l’Innovation et de la Technologie de l’Agroalimentaire du Manioc et de ses Dérivés (FITAMD), organisée au Burkina Faso. À cette occasion, l’Interprofession Manioc du Burkina Faso a exprimé un besoin considérable en pâte de manioc, évalué à 80 000 tonnes.
Pour les opérateurs togolais, cette demande représente bien plus qu’un simple contrat commercial. Elle constitue un marché potentiel capable de stimuler la production, la transformation et la création de valeur tout au long de la chaîne.
Face à cet intérêt, la rencontre de Lomé visait à rapprocher les différents acteurs afin de vérifier la capacité de l’offre togolaise à répondre aux attentes du marché burkinabè.
Répondre aux exigences du marché
Les discussions ont porté sur des aspects très concrets : volumes disponibles, capacités de transformation, qualité des produits, prix, conditionnement, logistique et délais de livraison.
L’enjeu est désormais de déterminer quels acteurs disposent des capacités nécessaires pour satisfaire une demande de cette ampleur et dans quelles conditions les futures transactions pourront être sécurisées.
Au-delà des chiffres, les échanges ont rappelé une réalité essentielle : produire ne suffit plus. Pour être compétitives, les filières agricoles doivent désormais s’organiser autour des besoins du marché et garantir une offre régulière répondant à des standards de qualité précis.
La qualité comme condition d’accès aux marchés
Pour les responsables de la filière, cette opportunité constitue également un test grandeur nature de la capacité des opérateurs togolais à satisfaire les exigences des marchés régionaux.
La qualité des produits, le respect des normes, la traçabilité et la régularité des approvisionnements figurent parmi les principaux critères évoqués au cours des échanges.
Les participants ont également souligné l’importance de renforcer les capacités des producteurs et des transformateurs afin de mieux répondre aux opportunités commerciales qui émergent dans la sous-région.
Des échanges directs entre acheteurs et fournisseurs
L’un des moments les plus attendus de la rencontre a été consacré aux séances B2B entre les acteurs togolais et les représentants de l’Interprofession Manioc du Burkina Faso.
Ces échanges ont permis d’aborder les questions liées aux volumes, aux prix, aux modalités de livraison et aux conditions d’approvisionnement. Autant d’éléments indispensables pour passer du stade des intentions à celui de véritables accords commerciaux.
Un accompagnement est d’ailleurs prévu après la rencontre afin d’assurer le suivi des contacts établis, la transmission d’échantillons, la confirmation des prix et des volumes ainsi que la formalisation éventuelle des contrats.
Une opportunité pour renforcer l’intégration économique régionale
Pour les autorités et les partenaires du projet PROFIT, cette initiative s’inscrit dans une vision plus large de transformation de l’agriculture togolaise. Elle illustre l’importance de créer des passerelles entre producteurs, transformateurs, institutions financières et marchés.
Au-delà du seul secteur du manioc, l’ambition est de favoriser l’émergence d’entreprises agricoles plus performantes, capables de répondre durablement à la demande des marchés nationaux et sous-régionaux.
Si les discussions engagées à Lomé débouchent sur des accords concrets, elles pourraient contribuer à générer davantage de revenus pour les producteurs, stimuler les investissements dans la transformation et créer de nouveaux emplois dans la filière.
Le véritable défi commence désormais : convertir cette demande de 80 000 tonnes en flux commerciaux réguliers et faire du manioc un moteur supplémentaire de croissance pour l’économie agricole togolaise.
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