(TOGODAILYNEWS) – Le Togo veut reprendre l’offensive sur le front de l’intégration régionale. Réunis ce mardi 29 septembre 2026 au Centre administratif des services économiques et financiers (CASEF), les acteurs impliqués dans la mise en œuvre des politiques communautaires de l’UEMOA ont lancé les travaux préparatoires de la 12e revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets de l’Union.
Un rendez-vous stratégique qui intervient dans un contexte marqué par un net ralentissement du rythme des réformes communautaires.
Dès l’ouverture des travaux, le ton a été donné : l’heure n’est ni à l’autosatisfaction ni à l’inquiétude, mais à l’action.
Au nom du ministre de l’Économie et des Finances, Essokiza Anakpa, secrétaire permanent de la Cellule CEDEAO-UEMOA, a rappelé que cette revue constitue bien plus qu’un exercice administratif. Elle est avant tout un outil de mesure de l’engagement des États dans la construction de l’espace communautaire.
« La rencontre qui nous réunit aujourd’hui n’est pas un simple exercice administratif. Elle constitue un instrument essentiel de suivi de nos engagements communautaires », a-t-il souligné devant les représentants des institutions de la République, des ministères, des ordres professionnels et de la Commission de l’UEMOA.
Un recul qui appelle une réaction
Le principal enseignement de l’évaluation est clair : le Togo a vu son taux de mise en œuvre des réformes communautaires reculer.
Sur les 145 réformes évaluées, le taux d’exécution s’est établi à 68,7 % en 2025, contre 77,9 % l’année précédente, soit une baisse de plus de neuf points.
Dans le détail, le pays compte encore 22 textes communautaires non transposés, parmi lesquels 19 directives, deux règlements et une décision.
Pour Essokiza Anakpa, ces chiffres doivent servir d’alerte. Le retard observé impose davantage de coordination, de réactivité et d’engagement de la part de toutes les administrations concernées, notamment dans des secteurs stratégiques comme l’agriculture, la culture et l’artisanat.
« La transposition des Directives communautaires n’est pas une option. Elle constitue un engagement et participe directement à la crédibilité de notre Union », a-t-il insisté.
Des performances encourageantes sur les projets
Si les réformes accusent un ralentissement, le bilan est beaucoup plus positif du côté des programmes et projets communautaires.
Le taux d’exécution des projets a atteint 91,6 %, contre 78,9 % auparavant, tandis que le taux de décaissement s’est élevé à 83,6 %.
Des résultats qui démontrent que lorsque les acteurs concernés travaillent de manière coordonnée, les objectifs fixés peuvent être atteints et même dépassés.
Cette progression constitue d’ailleurs l’un des principaux motifs d’optimisme exprimés lors de la rencontre.
L’UEMOA refuse toute fatalité
Présent à la cérémonie, le représentant résident de l’UEMOA au Togo, Alioune Sène, a salué les efforts déjà accomplis tout en appelant à une mobilisation accrue.
Pour lui, la baisse enregistrée en 2025 ne remet pas en cause la dynamique d’intégration engagée par le pays.
« En 2024, le taux était de 77,9 %. En 2025, il a reculé à 68,7 %. C’est loin d’être une fatalité », a-t-il affirmé.
Le responsable de l’institution communautaire a rappelé que la revue annuelle, instaurée par la Conférence des chefs d’État de l’Union en 2013, vise précisément à accélérer les réformes ayant un impact direct sur la vie économique et sociale des populations.
Selon lui, plusieurs démarches de sensibilisation et de concertation ont déjà été menées auprès des ministères et du Secrétariat général du gouvernement afin d’accélérer le traitement des textes en attente.
Les signaux observés ces derniers mois laissent ainsi espérer une amélioration sensible lors de la prochaine évaluation.
Trois jours pour préparer l’échéance de novembre
Durant trois jours, experts, techniciens et représentants des administrations sectorielles auront pour mission d’identifier les obstacles qui freinent encore la transposition des textes communautaires et de définir les mesures correctives à mettre en œuvre.
L’objectif est de parvenir à réduire le nombre de directives en souffrance, de consolider les acquis enregistrés dans l’exécution des projets et d’aborder la revue officielle prévue en novembre 2026 avec des résultats plus conformes aux ambitions du pays.
Au-delà des chiffres, les discussions du CASEF traduisent une volonté commune : faire de l’intégration régionale un instrument concret de développement économique et social.
Car si le recul du taux de mise en œuvre des réformes constitue un signal d’alerte, les performances réalisées dans l’exécution des projets montrent que le Togo dispose des ressources et des capacités nécessaires pour redresser la barre.
L’enjeu est désormais de transformer cette volonté en résultats tangibles afin que les engagements communautaires se traduisent davantage en bénéfices réels pour les populations.
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