(TOGODAILYNEWS) – Après une première édition qui a généré 439 millions de dollars d’accords d’investissement, la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) revient avec une ambition plus élevée. Les 7 et 8 avril 2027, Lomé accueillera la deuxième édition du Forum d’Investissement de la CEDEAO (EIF 2027), un rendez-vous conçu pour transformer les projets en financements et les opportunités en investissements concrets.
Le lancement officiel de l’événement a eu lieu ce mardi à Lomé autour du président de la BIDC, Dr George Agyekum Donkor, du président du Conseil des Gouverneurs de la banque et ministre guinéen du Plan, Ismaël Nabé, ainsi que de Adétou Akou Mawussé Afidenyba, directrice de cabinet du ministère togolais de l’Économie et des Finances, représentant le ministre Essowè Georges Barcola.
Placée sous le thème « Résilience et Transformation : Naviguer dans l’incertitude mondiale et libérer une croissance inclusive en Afrique de l’Ouest », cette deuxième édition se veut une réponse aux multiples chocs qui bousculent l’économie mondiale tout en mettant en lumière les opportunités dont dispose la région ouest-africaine.
De 439 millions de dollars d’accords à une ambition régionale renforcée
Pour la BIDC, le succès de la première édition organisée en 2024 à Lomé constitue une démonstration de la pertinence du forum.
Plus de 700 participants venus de plus de vingt pays avaient alors pris part aux discussions, débouchant sur la signature de trois protocoles d’accord représentant 439 millions de dollars d’investissements destinés à financer des projets structurants en Guinée, au Nigeria et au Sénégal.
Pour Dr George Donkor, ce résultat confirme que l’EIF n’a pas vocation à être un simple forum de débats.
L’objectif est désormais de créer un véritable marché régional de l’investissement où gouvernements, institutions financières, entreprises et investisseurs peuvent conclure des partenariats et mobiliser des financements autour de projets à fort impact.
Une région qui résiste mais qui doit se transformer
Le président de la BIDC a rappelé que l’Afrique de l’Ouest a continué d’afficher une croissance solide, avec une progression de 4,8 % en 2025 contre 4,7 % en 2024.
Mais derrière ces performances se cachent des fragilités persistantes. La guerre au Moyen-Orient, les tensions sur les marchés de l’énergie, la hausse du coût des engrais et les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales rappellent à quel point les économies de la région restent vulnérables aux chocs extérieurs.
Pour Dr Donkor, le temps est venu de changer de modèle.
L’Afrique de l’Ouest ne peut plus se contenter d’exporter ses matières premières. La transformation locale des ressources, le développement industriel, les infrastructures structurantes ainsi que l’autonomisation économique des jeunes et des femmes doivent désormais constituer les moteurs de la prochaine phase de croissance.
Le Togo mise sur l’intégration régionale
Représentant le gouvernement togolais, Adétou Akou Mawussé Afidenyigba a insisté sur les atouts considérables dont dispose la sous-région.
Avec plus de 400 millions de consommateurs, une population jeune, des ressources naturelles abondantes et un potentiel agricole important, l’Afrique de l’Ouest apparaît comme l’un des espaces économiques les plus prometteurs du continent.
Mais selon elle, attirer massivement les investisseurs suppose davantage que des ressources naturelles ou une croissance démographique soutenue.
La crédibilité des politiques publiques, la stabilité macroéconomique, la qualité des institutions et la capacité à créer un environnement favorable aux affaires deviennent des facteurs décisifs.
Elle a également défendu l’intégration régionale comme un levier incontournable de compétitivité.
Pour les investisseurs internationaux, un marché unifié offre davantage d’opportunités qu’un ensemble de petites économies fragmentées. La CEDEAO représente ainsi une plateforme capable de soutenir l’industrialisation, le développement des chaînes de valeur et l’attraction de nouveaux capitaux.
Le ton le plus offensif est venu d’Ismaël Nabé.
Pour le président du Conseil des Gouverneurs de la BIDC, l’EIF 2027 doit être un rendez-vous d’affaires avant tout.
« Ce ne sera pas un forum de plus », a-t-il insisté.
L’événement prévoit de réunir plus de 1 000 participants, environ 200 acteurs du développement issus de quinze pays, ainsi qu’un portefeuille de 40 projets et programmes bancables présentés aux investisseurs.
Au programme figurent également des rencontres B2B, des masterclass, des sessions stratégiques de haut niveau et des deal rooms, espaces spécifiquement dédiés aux négociations et à la conclusion de partenariats financiers.
L’objectif affiché est clair : réduire la distance entre les opportunités d’investissement et les capitaux disponibles.
Face aux nombreuses incertitudes mondiales, les responsables de la BIDC ont voulu envoyer un signal fort aux marchés.
Pour Ismaël Nabé, l’Afrique de l’Ouest constitue aujourd’hui une destination d’investissement crédible, portée par des fondamentaux solides et un potentiel de croissance encore largement sous-exploité.
La BIDC entend ainsi renforcer son rôle de catalyseur en structurant les projets, en facilitant la mobilisation des financements privés et en réduisant les risques pour les investisseurs.
Cette dynamique est confortée par la récente amélioration de la notation de l’institution par Moody’s, passée de B2 à B1 avec perspective stable, un indicateur perçu comme un vote de confiance dans la solidité financière de la banque.
Lomé veut confirmer son statut de hub régional
Au-delà du lancement d’un simple événement, la capitale togolaise affiche son ambition de devenir l’une des plateformes majeures de rencontre entre investisseurs, institutions financières et porteurs de projets en Afrique de l’Ouest.
Le message porté par les différents intervenants est sans équivoque : dans un monde où les crises se succèdent, la résilience économique se construit par l’investissement, l’innovation et la transformation productive.
Après avoir converti les discussions de 2024 en centaines de millions de dollars d’engagements, la BIDC espère désormais faire de l’EIF 2027 un accélérateur de projets à l’échelle régionale.
Les 7 et 8 avril 2027, Lomé sera donc bien plus qu’un lieu de débats. La capitale togolaise entend devenir, le temps de deux jours, le carrefour où les ambitions économiques de l’Afrique de l’Ouest rencontrent les financements capables de les concrétiser.
© TOGODAILYNEWS, pour vos reportages, annonces et publicités, contacter le Tél : (00228) 90 90 49 83 ; Email : togodailynews@gmail.com


+ There are no comments
Add yours