(TOGODAILYNEWS) – Placée sous le sceau de la vision du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, la deuxième réunion technique de concertation État-secteur privé de l’année 2026 a marqué une étape importante dans la stratégie de développement économique du Togo.
Réunis à Lomé, pouvoirs publics et acteurs du secteur privé ont validé la Stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme (SRMT) 2027-2031 comme cadre de référence des futures réformes fiscales et douanières, tout en réaffirmant leur ambition commune de bâtir une administration plus favorable à l’investissement et à l’entreprise.
« Il revient évidemment à l’État de faciliter le développement du secteur privé. Chacun a compris aujourd’hui que l’ouverture économique doit s’accompagner d’un environnement favorable aux entreprises. »
C’est autour de cette conviction exprimée par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, lors du Sommet France-Corée à Séoul en 2024, que s’est ouverte, ce lundi 6 octobre à l’Hôtel 2 Février de Lomé, la deuxième réunion technique de concertation État-secteur privé de l’année 2026.
Présidant les travaux, le ministre de l’Économie et des Finances, Essowè Georges Barcola, a rappelé une orientation devenue centrale dans la gouvernance économique togolaise : l’État ne peut ni ne doit agir seul. Le développement du pays exige désormais une mobilisation conjointe des capitaux, de l’expertise et du savoir-faire du secteur privé afin d’accélérer la transformation économique nationale.
Un dialogue public-privé qui produit des résultats
Avant l’ouverture des travaux techniques, le président du Conseil national du Patronat, Laurent Coami Tamegnon, a salué la régularité et la qualité de ce cadre de concertation qu’il considère comme un instrument essentiel de dialogue économique.
Le patronat a notamment exprimé sa satisfaction à la suite de la création de la Commission administrative de recours et de la Commission administrative de règlement des litiges douaniers. Pour les opérateurs économiques, ces nouvelles instances renforcent la sécurité juridique, améliorent la prévisibilité de l’environnement des affaires et contribuent à consolider la confiance entre l’administration et les entreprises.
La SRMT 2027-2031 devient la nouvelle boussole des réformes
Point central de la rencontre, la présentation de la Stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme (SRMT) 2027-2031, approuvée le 29 septembre dernier, a permis de préciser les orientations de la politique fiscale et douanière des prochaines années.
Présentée par Kpowbié Tchasso Stéphane Akaya, secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances, cette stratégie répond à un constat clair : l’écart demeure important entre la pression fiscale actuelle, les normes communautaires et le potentiel réel de mobilisation des ressources du pays.
Pour y remédier, le gouvernement entend élargir l’assiette fiscale, accélérer la digitalisation du recouvrement, rationaliser les dépenses fiscales et renforcer l’efficacité de l’administration tout en préservant la compétitivité des entreprises.
Les projections affichent des ambitions élevées. Les recettes fiscales devraient progresser de 1 043,7 milliards de FCFA en 2026 à 2 109 milliards de FCFA à l’horizon 2031. Une trajectoire que les autorités assurent vouloir atteindre à travers une meilleure mobilisation des ressources plutôt qu’une augmentation de la pression sur les contribuables.
La mise en œuvre de la stratégie sera pilotée par un comité dédié, avec des évaluations intermédiaires prévues en 2029 puis en 2031.
La question des partenariats public-privé (PPP) a également occupé une place importante dans les échanges.
Le ministre Essowè Georges Barcola a appelé à une approche réaliste et rigoureuse, rappelant que les PPP ne constituent ni un financement gratuit ni un mécanisme permettant de contourner les contraintes budgétaires de l’État.
Selon lui, chaque projet doit faire l’objet d’une préparation minutieuse afin de garantir sa viabilité financière et son impact réel sur le développement national.
Une économie résiliente dans un environnement international incertain
La conjoncture économique a été présentée par Ahodo Tchamdja, directeur général des Études et Analyses économiques. Son exposé a mis en évidence la résilience de l’économie togolaise malgré un environnement international marqué par des tensions persistantes sur les principaux corridors maritimes mondiaux, notamment dans les zones d’Ormuz et de Bab el-Mandeb.
Face à ces risques, le gouvernement, sous les orientations du Président du Conseil, a choisi de limiter les répercussions de la hausse des cours pétroliers sur les consommateurs, afin de préserver le pouvoir d’achat et la stabilité économique.
Le capital humain, nouvelle priorité de la croissance
Autre dossier majeur inscrit à l’ordre du jour : le développement du capital humain. Le ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, a présenté les attentes du gouvernement vis-à-vis du secteur privé dans le cadre de la nouvelle Feuille de route gouvernementale 2026-2031.
L’objectif est de renforcer l’adéquation entre formation et emploi, tout en mobilisant davantage les entreprises dans la préparation des compétences requises par l’économie de demain.
Un pacte de confiance pour financer le développement
Au-delà des aspects techniques, cette deuxième réunion de concertation a consacré une orientation stratégique forte : dans un contexte de raréfaction des financements concessionnels, le Togo fait le choix de s’appuyer davantage sur ses ressources internes pour financer son développement.
En saluant les avancées réalisées pour améliorer le climat des affaires, en promettant une administration davantage « business friendly » et en appelant les entreprises à investir davantage dans le capital humain, autorités publiques et secteur privé ont esquissé les contours d’un nouveau pacte économique.
Le message est clair : davantage de transparence, de prévisibilité et de rigueur du côté de l’État, davantage d’engagement et d’investissement du côté des entreprises.
Une ambition résumée par le ministre Essowè Georges Barcola : une Feuille de route pour définir le cap, une SRMT pour mobiliser les moyens et des PPP pour accélérer la transformation économique. Trois leviers dont la réussite dépendra avant tout de la confiance entre l’État et le secteur privé.
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